La boulangerie Le Pistore

La boulangerie Le Pistore, une entreprise inclusive

Allier l’économie et le social, c’est le choix d’Hervé et Christelle DURIF.

Nous sommes allés à leur rencontre pour en savoir plus.

La Mission Locale de Clermont métropole et volcans travaille depuis de nombreuses années avec la boulangerie Le Pistore. Une relation de confiance  s’est établie avec Mr et Me DURIF qui font partie des (1ères) entreprises inclusives du Puy de Dome.

Nous avons souhaité les rencontrer avec Bokar DIALLO, en formation à la boulangerie depuis 2016 et mis à l’honneur comme « Talents clermontois de l’année 2019 ».

Pendant plus de 2 heures, nous avons entendu la passion pour un métier et sa transmission, une conviction sans faille de la valeur de l’humain et du travail.

« Après des années, on a encore cette joie de venir au travail tous les jours et de former nos jeunes, de les voir grandir, évoluer. Chaque jour est une journée nouvelle, il n’y a pas de routine. (…) On les suit dans leur formation, dans leur vie de tous les jours » Christelle DURIF

 « L’artisanat est une passion. Ma plus belle richesse c’est qu’ils prennent la suite (…) c’est de transmettre un métier et des valeurs à un jeune que l’on a formé. (…) 5 jeunes que j’ai formé ont maintenant leur boulangerie (…) Pour un patron, c’est une belle réussite, une satisfaction du travail, des heures passées.»

« Si on devait se baser sur nos besoins, nous avons 2 jeunes de trop. Mon but aujourd’hui est de former (…) de transmettre un métier et des valeurs à un jeune. Je gagne moins  d’argent mais je ne suis pas seul et aigri pour venir travailler tous les matins. (…) c’est un choix de notre part de choisir un contrat de professionnalisation qui est payé à 100 % du SMIC plutôt qu’un salarié. »

 « J’ai voyagé en France, chez les bretons  j’étais un étranger, chez les parisiens j’étais le « bouseux » 
de la campagne (…) partout j’étais un étranger. C’est par le travail que j’ai fait ma place » Hervé DURIF

« Quand vous êtes un jeune qui ne maîtrise pas la langue française, que vous arrivez dans une entreprise et que vous voulez à tout prix faire ce métier, vous êtes obligé de vous vendre, mais vous n’avez rien à vendre ! »

 « Je m’en souviendrai toute ma vie. Bokar est un jeune homme très timide, il est arrivé à la boulangerie avec sa feuille à la main pour demander un stage. On était complet, mais on lui a laissé une chance (…) il a fait deux stages (…) quand il a travaillé avec Hervé il s’est passé quelque chose entre eux. (…) Quand on lui a demandé pourquoi il voulait devenir boulanger, il nous a répondu qu’il voulait nourrir les hommes » Christelle D

« Il fait partie des exceptions de savoir ce qu’il veut (…) je l’appelle « la petite pépite » (…) » Hervé DURIF

« S’il n’avait pas signé de contrat avec nous il aurait été à la rue »

 « Au début c’était difficile, mais on m’a aidé. (…) Je me sens ici chez moi (…) Grace à mes patrons je suis là. Ils m’ont dit qu’il fallait passer le code, le permis (…) pour mon appartement ils se sont porté garants. (…) Maintenant j’ai le code, le permis, une voiture. » « C’est comme un voyage, je suis passé dans beaucoup de pays (…) je suis arrivé à destination. C’est comme si ce que je cherchais depuis que je suis parti, un endroit où je peux travailler, rester et d’abord s’entendre avec des gens. L’argent c’est rien, ce qui est important c’est l’humain. Tout ce qu’ils ont fait pour moi, si je fais le calcul, mes parents n’ont pas fait autant » Bokar

La transmission du métier et des valeurs humaines est réussi. Bokar, comme tous les jeunes en formation au Pistore, la pratique chacun à leur niveau.

« Les 1ère année s’occupent des stagiaires, les 2ème année des 1ère année … et cela fonctionne. C’est l’esprit du compagnonnage, l’apprentis doit aussi apprendre à avoir des responsabilités et à transmettre ». Christelle D

« Bokar aide son prochain, il retransmet, montre l’exemple aux autres jeunes en formation mais aussi auprès de ses amis. (…) ils le disent, je veux être comme Bokar ».

Le Pistore c’est 4 salariés, 8 contrats en alternance (6 contrats d’apprentissage et 2 contrats de professionnalisation) et environ 50 stagiaires par an mais aussi des valeurs fortes de transmission de savoir, de confiance donnée aux jeunes.

Après 3 ans comme salarié, et fort de 6 années de compagnonnage, en 2003 Hervé DURIF ouvre sa boulangerie Le Pistore à Pontgibaud et déménage en 2008 au 45 rue Blatin à Clermont Ferrand. Passionné par son métier, il aspire à transmettre aux jeunes ce savoir, cet amour du travail mais aussi les valeurs d’entraide et de partage.

C’est en 2012 que Christelle DURIF, rejoint son mari dans l’entreprise. Habitée par les mêmes valeurs, la même envie, elle va étendre la philosophie de l’entreprise à la formation de vendeuses.

Bokar DIALLO, jeune malien de 21 ans, est le second d’Hervé DURIF. Il est formé au Pistore et a obtenu son CAP boulanger en 2018. Il passe en septembre un Certificat de qualification professionnelle (CQP) de tourier en contrat de professionnalisation avec la Fédération des artisans boulangers pâtissiers du Puy de Dôme pour ensuite préparer en 2 ans le Brevet Professionnel (BP) de boulanger.

Passionnés, engagés, ils sont de fervents défenseurs de l’artisanat, du savoir-faire français, du développement de la formation. Ils sont un exemple dans la profession pour lutter contre la pénurie de boulanger. A chaque occasion qui lui est donné de rencontrer des décideurs et représentants de l’état, Hervé Durif fait part des difficultés de ses jeunes salariés étrangers et soumets des solutions.