Historique des Missions Locales

Historique des missions locales

 

1981 : Bertrand Schwartz remet au Premier Ministre un rapport soulignant que la « remise en jeu économique et sociale des jeunes » ne pourra se faire sans une vaste collaboration de l’ensemble des forces sociales et la participation des jeunes eux-mêmes. Le rapport préconise une politique d’ensemble concernant la qualification des jeunes, le développement de l’alternance et du tutorat en entreprise, et la mobilisation de toutes les ressources pour offrir des réponses adaptées dans tous les domaines : formation et emploi, loisirs, santé, logement, culture. Il propose la création de missions locales sous la forme d’une équipe pluridisciplinaire chargée d’être le pivot d’un dispositif d’animation au plus près des jeunes, de coordonner les efforts et d’appliquer le principe de la « discrimination positive ».

 

1982 : Le Président de la République prend par ordonnance une série de mesures destinées à assurer une qualification professionnelle aux jeunes sortis de scolarité en difficulté et à faciliter leur insertion sociale. 850 permanences d’information et d’orientation (PAIO) sont créées, afin d’orienter les jeunes de 16 à 18 ans vers les stages d’insertion.

Les missions locales sont mises en place, dans un premier temps à titre expérimental, pour apporter aux jeunes de 16 à 25 ans, une aide plus étendue dépassant l’orientation professionnelle, leur permettant d’élaborer un projet d’insertion sociale et professionnelle et de le mettre en œuvre dans tous les aspects de la vie quotidienne. La circulaire du 9 Avril 1982 prévoit que les missions locales sont constituées sous forme d’associations, présidées par un élu et réunissant, dans leurs instances, l’ensemble des partenaires de l’insertion : élus, administrations, partenaires économiques et sociaux et associations.

 

1983 : la Délégation Interministérielle à l’insertion des jeunes en difficulté a été mise en place par décret du 21 Octobre. Dirigée par Bertrand Schwartz, elle est chargée d’animer le réseau des missions locales, ainsi qu’une cellule interministérielle de coordination du programme de formation professionnelle des jeunes de 16 à 25 ans.

 

1986 : en Août, le gouvernement met en place un plan d’urgence pour l’emploi, mobilise le réseau pour mener une action en direction des jeunes déjà sur le marché de l’emploi et de demande aux missions locales de poursuivre leur activité à caractère social, notamment dans les domaines de la santé et du logement.

 

1988 : le gouvernement annonce son intention de développer les missions locales et confie à Bertrand Hastoy le soin d’animer un groupe de travail composé de neuf présidents de missions locales et de représentants d’une douzaine de ministères et de secrétariats d’Etat. Les 105 missions locales sont en contact avec 173 000 jeunes.


1989 : Le rapport Hastoy traduit l’évaluation de six années d’activité du réseau et préconise l’émergence de politiques locales d’insertion, ainsi que le renforcement du caractère pluri institutionnel des missions locales. Pierre-Jean Andrieu est nommé délégué. Le Crédit Formation Individualisé (CFI) est crée, afin d’offrir aux jeunes une seconde chance d’accéder à la qualification, et son pilotage est confié par l’Etat aux missions locales. La loi du 19 Décembre, favorisant le retour à l’emploi et la lutte contre l’exclusion professionnelle, donne une base législative à l’action des missions locales. 48 nouvelles missions locales sont créées.

 

1990 : la charte des missions locales, intitulée « Construire ensemble une place pour tous les jeunes » est adoptée.

 

1991 : Les Carrefours pour l’emploi et la formation des jeunes sont mis en place. Ils renforcent la collaboration entre le réseau des missions locales et des PAIO, celui des agences locales pour l’emploi et, plus largement, du service public de l’emploi.

 

1993 : Pour mettre en relation les jeunes avec le monde de l’entreprise, les réseaux de parrainage sont expérimentés par les missions locales dans cinq régions. En Décembre, le Parlement adopte la loi quinquennale relative au travail, à l’emploi et à la formation professionnelle qui met en œuvre la décentralisation de la formation professionnelle des jeunes et renforce les relations de travail entre l’ANPE et le réseau des missions locales.

 

1994 : Les « espaces jeunes » sont crées, nouveau cadre de coopération entre les missions locales, l’ANPE et les conseils régionaux, en matière d’emploi et de formation.

 

1995 : L’aménagement du réseau se poursuit au rythme de vingt nouvelles missions locales par an.

 

1996 : Cinq ministres signent l’accord-cadre pour le réseau public de l’insertion des jeunes qui institue le rapprochement avec le réseau d’information jeunesse et les centres d’information et d’orientation. Cet accord va permettre l’impulsion de nombreuses initiatives des missions locales, pour mieux prendre en charge les jeunes sans qualification dès leur sortie du système éducatif.

 

1997 : En Janvier, le Président de la République Jacques Chirac inaugure à Boulogne une des premières missions locales à mettre Internet à la disposition des jeunes.

Le service national est réformé, les journées d’appel à la préparation à la défense sont instituées et permettront, les années suivantes, l’orientation de tous les jeunes en difficulté vers les missions locales et les missions générales d’insertion de l’Education Nationale.

 

1998 : Alors que le réseau s’investit dans le programme des nouveaux services emplois jeunes, la loi de lutte contre l’exclusion crée le programme TRACE.

 

Les missions locales sont désignées comme pilotes et principaux opérateurs de ce programme d’accompagnement personnalisé et renforcé pour les jeunes les plus éloignés de l’emploi.

 

2001-2002 : La convention collective des missions locales et PAIO  est signée le 21 Février par les partenaires sociaux. TRACE, qui a concerné 150 000 jeunes depuis sa création, est renforcé avec le second programme de prévention de lutte contre l’exclusion : 120 000 jeunes en ont bénéficié en 2002, une bourse d’accès à l’emploi est créée afin de leur garantir un minimum de ressources nouvelles. De nouveaux accords sont signés avec l’Education Nationale, l’ANPE et l’AFPA, confirmant le rôle des missions locales comme partenaires importants de la politique nationale de l’éducation et de l’emploi. En Janvier, les missions locales fêtaient leur vingtième anniversaire de création .

2003 : Un nouveau Conseil, présidé par Françoise de Veyrinas est installé. Outre des présidents de missions locales et des ministères, il comprend désormais des représentants des régions, des départements et des communes. Un secrétariat général du Conseil national des missions locales est créé, il reprend une partie des missions auparavant assurées par la DIIJ qui est supprimée. Jean Tulet devient secrétaire général du CNML.

2004 : Pour la première fois dans l'histoire des missions locales, un secrétaire d'Etat à l'insertion professionnelle des jeunes est nommé. Jean Jacques Giannesini devient secrétaire général du CNML. Le Conseil, consulté par nouveau ministre Laurent Hénart propose des amendements au projet de loi relatif aux responsabilités locales qui prévoit le transfert de l'organisation, de l'animation et des financements de l'Etat vers les régions. La loi de programmation de cohésion sociale renforce le soutien de l'Etat aux missions locales et confie au réseau la mise en oeuvre d'un nouveau programme d'accompagnement des jeunes vers l'emploi : 800 000 seront concernés dans les cinq ans. Avec l'inscription des missions locales dans le code du travail comme organismes concourant au service public de l'emploi, leur rôle est désormais officiellement reconnu dans les politiques de l'emploi.


2005 : Parcours 3 devient le nouveau système d'information des missions locales. Utilisant les technologies de l'internet, il est déployé dans l'ensemble du réseau pour chaque conseiller. Les 9 et 10 mai, la 8ème rencontre nationale réuni à la CIté des sciences et de l'industrie à Paris, le réseau autour de la mise en oeuvre du nouveau programme d'accompagnement des jeunes vers l'emploi. A cette occasion le nouveau Protocole 2005 est signé entre l'Etat, le CNML, l'Association des régions de France, l'Association des maires de France et l'Assemblée des départements de France. Les 404 missions locales et 100 PAIO accueillent 1,15 million de jeunes.

2006 : Un nouveau décret élargit la composition du CNML et précise ses missions dans le cadre de ses compétences définies par le code du travail. Pour permettre l'accès à la vie en entreprise des jeunes peu ou pas qualifiés, en particulier ceux résidant en ZUS et bénéficiaires du nouveau contrat d'insertion dans la vie sociale (CIVIS), le Conseil signe le 13 juin, en présence du ministre de l'emploi, un partenariat avec dix grandes entreprises. 310 000 jeunes ont bénéficié d'un CIVIS pour leur accompagnement vers l'emploi. Les 417 missions locales et 72 PAIO accueillent 1,2 million de jeunes dont 48 % accèdent à un emploi ou une formation.

2007 : A l'occasion des élections présidentielles le CNML adopte un texte de propositions intitulé "Pour une nouvelle dynamique de l'insertion des jeunes" et se prononce sur la création d'une instance nationale dotée de moyens propres et de structures régionales sur le modèle d'une agence nationale. La Fondation Dexia Crédit local renforce son action auprés des quatre-vingt missions locales qui interviennent dans les ZUS et crée avec le CNML l'Ecole de la citoyenneté pour former chaque année une centaine de jeunes. Pour mesurer l'activité mensuelle auprès des jeunes, l'indicateur "Jeunes demandeurs d'insertion" est créé. En moyenne 600 000 jeunes demandeurs d'insertion sont accompagnés chaque mois par les 420 missions locales et 66 PAIO. En 25 ans le réseau national d'initiative locale a accompagné plus de 7 millions de jeunes vers l'emploi.

2008 : La ministre de l'économie, des finances et de l'emploi, Christine Lagarde saisi le Conseil afin qu'il fasse rapidement des propositions pour appuyer la réflexion et l'action du gouvernement s'agissant des missions locales et de l'emploi des jeunes. Le CNML fait 35 préconisations pour l'insertion des jeunes en ZUS et lance une consultation nationale pour définir la coopération entre les missions locales et le nouvel opérateur issu de la fusion entre l'ANPE et l'Unédic. La présidente du CNML, Françoise de Veyrinas décède le samedi 16 août dans l'Aude. Pour la première fois les missions locales se présentent à Bercy lors des Journées européennes du patrimoine. Fin 2008, 665 000 jeunes ont bénéficié du CIVIS depuis le début du programme.

2009 : Un nouveau Conseil est installé à Bercy par le secrétaire d'Etat chargé de l'emploi, Laurent Wauquiez. Il est présidé par Bernard Perrut, député-maire de Villefranche sur Saône. Une vingtaine de partenaires économiques nationaux du CNML s'engagent pour l'insertion professionnelle des jeunes lors d'une rencontre à l'Assemblée nationale. Le CNML fait 30 propositions pour une nouvelle coopération entre les Missions Locales et Pôle emploi. Un nouvel accord national de partenariat renforcé est signé. Martin Hirsch, Haut commissaire à la Jeunesse, lance une large concertation sur la refondation d'une politique à l'égard de la jeunesse. Le Président de la République, Nicolas Sarkozy donne la priorité absolue aux 100 000 jeunes qui quittent l'école à 16 ans sans aucune perspective et fait des missions locales le pivot de cet accompagnement. Un nouveau rôle des missions locales est reconnu au sein du SPE avec la prescription des contrats aidés. Fin 2009, 200 000 jeunes en CIVIS ont obtenu un emploi durable.
Le réseau accompagne 1 253 000 jeunes.